Maia chauvier | Poésie | chanson | musique | théâtre | interprète | auteur | slam flamenco rock

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Bientôt sur ce site, des poèmes et des articles sur la page « Ateliers et textes… »

« Sœurs et compañeras :
Ce 8 mars, à la fin de notre participation, chacune d’entre nous a allumé une petite lumière.
Nous l’avons allumé avec une bougie pour qu’elle dure longtemps, car avec une allumette ça s’éteint rapidement et avec un briquet on ne sait jamais, il peut se casser.

Cette petite lumière est pour toi.
Emporte-la, sœur et compañera.
Quand tu te sentiras seule.
Quand tu auras peur.

Quand tu sentiras que la lutte, c’est-à-dire, la vie, est très dure,
Allume-la de nouveau dans ton cœur, dans ta pensée, dans tes tripes.
Et ne la laisse pas là.
Amène-la aux disparues.
Amène-la aux assassinées.

.
Amène-la aux violées.
Amène-la aux frappées.
Amène-la aux harcelées.

Amène-la aux violentées de quelque manière que ce soit.
Amène-la aux migrantes.
Amène-la aux exploitées.
Amène-la aux mortes.

Amène-la et dis à toutes et chacune d’entre elles qu’elle n’est pas seule, que tu vas lutter pour elle.
Que tu vas lutter pour la vérité et la justice que sa douleur mérite.

Que tu vas lutter pour que la douleur qu’elle porte ne se répète pas chez une autre femme dans m’importe quel monde.
Amène-la et transforme-la en rage, en colère, en décision.
Amène-la et réunis-la avec d’autres lumières.

Amène-la et peut-être qu’ensuite il te viendra à l’idée qu’il n’y aura ni justice ni liberté dans le système capitaliste patriarcal.
Et alors, peut-être qu’on se retrouvera pour mettre le feu au système.

Et peut-être que tu seras à nos côtés pour faire attention que personne n’éteigne ce feu jusqu’à ce qu’il ne reste que des cendres.
Et donc, sœur et compañera, ce jour qui sera nuit, peut-être pourra ton dire avec toi :

“Bon, eh bien maintenant, oui on va commencer à construire le monde que l’on mérite et dont on a besoin ».
Et donc oui, peut-être que l’on comprendra que commence le véritable travail et que maintenant comme qui dirait, on ne fait que s’entrainer, on s’échauffe quoi, pour bien savoir le plus important dont on a besoin ».

Et ce dont on a besoin c’est que jamais aucune femme, quel que soit son monde, quel que soit sa couleur, quel que soit sa taille, quel que soit sa langue, quel que soit sa culture, n’ait peur.
Car ici on sait bien que quand on dit « Ya basta ! » c’est que le chemin commence à peine et qu’il manque toujours ce qu’il manque. »

extraits des femmes zapatistes au Mexique en lutte contre le capitalisme patriarcal

 

Paroles des femmes zapatistes lors de la clôture de la première rencontre internationale, politique, artistique, sportive et culturelle des femmes qui luttent au caracol zapatiste de la zone Tzotz Choj, 10 mars 2018.

 

conseil livre du jour pax neoliberalia:

Pax neoliberalia. Perspectives féministes sur (la réorganisation de) la violence de Jules Falquet. Premier chapitre : « “Guerre de basse intensité” contre les femmes ? La violence domestique comme torture : réflexions à partir du Salvador ». Le second chapitre : « l’institution du service militaire en Turquie », est une nouvelle version de la préface au livre de Pinar Selek, Devenir homme en rampant (paru en 2014). Le troisième chapitre : « Les féminicides de Ciudad Juarez et la recomposition de la violence ». Le quatrième chapitre — « Luttes (dé)coloniales autour « du territoire-corps » : de la guerre à l’extractivisme néolibéral au Guatemala — est inédit et apparaît comme un prélude à un prochain essai sur Le genre globalisé : mobilisations, cadres d’actions, savoirs.

Si l’on considère que l’analyse « transversale de la violence — physique, sexuelle, émotionnelle, économique, idéelle — [met] en évidence son caractère de continuum », il est clair que son utilisation est « éminemment instrumentale », d’où son importance sociale, politique et économique. Dans le contexte des politiques néolibérales, la régression des droits des femmes, que l’on constate depuis le fameux backlash des années 1980, et les nouvelles violences à leur encontre paraissent donc faire partie d’une stratégie globale pour (re)mettre au pas celles qui auraient eu quelques velléités d’émancipation et de revendications. On peut également anticiper, et voir, dans ce que l’on peut appeler pour certains pays un terrorisme d’État aux dépens des femmes, un test qui préfigure une violence généralisée, banalisée, par exemple à Cuidad Juarez depuis l’impunité des crimes de jeunes femmes, une violence qui serait un « nouveau modèle de coercition néolibéral. »

Jules Falquet y soulève des questions essentielles : « Quel rapport existe-t-il entre l’exercice collectif et institutionnalisé de la violence et le maintien, le renforcement ou même la création des groupes sociaux, voire des différentes classes (de sexe, de race et sociales) ? Quel est le statut de la violence et quel rôle joue-t-elle à côté des dynamiques économiques, souvent seules convoquées pour penser la division du travail et, partant, les différentes classes sociales ? »

Tout en soulignant le caractère de classe, de race et de sexe de « la réorganisation de la violence », Jules Falquet montre combien l’utilisation de la terreur sur des populations civiles, en priorité sur les femmes, avec les assassinats, la torture issue de la colonisation, que cette utilisation de la terreur est un enjeu politique lié au néolibéralisme, et au service des multinationales, des États, des complexes militaro industriels…

 

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Maïa Chauvier

Concert/ théâtre/performance/rafales de mots/irruption au bord du chant …
Les spectacles et les textes de Maïa sont des voyages saccadés de poésies, de chansons, de transmissions d’expériences de vie, de spoken word, de musiques populaires aux accents flamenco, rrom, russe, rock …

F : Nom ?

C : Les goélands
Sont des volcans.
F : Prénom ?
C : Ils ont attaqué des touristes sur la digue
à force de s’être fait gaver d’abondants pâtés de porc
F : Prénom j’ai dit ?
C : Des siècles et la nuit des temps: son cri
Ils voulaient libérer la mer
(…)
F : Numéro de registre national ?
C : Le courant d’air né de la vague
F : Profession ?
C : A te faire chialer …
F : Domicile ?
C : État de poésie permanente. Un brasier.
F : Où allez-vous ?
C : Partout, nulle part, peut-être chez toi, un autre jour ou celui d’hier. je ne connais pas de frontière.
F : NO d’Identification ?
C : Présumé…sous mille rêves.
F : Où étiez vous hier soir ?
C : Dans une prison
F : Où étiez vous hier soir ?
C : Dans une prison
F : où étiez-vous hier soir ?
C : Dans une prison
F : On n’a pas tout notre temps alors ?
Où étiez-vous hier soir ?
C : Je pénétrais la vie par effraction.
F : Vous vous foutez de ma gueule ?
C : Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie

Extrait de Récital boxon

http://www.recitalboxon.com/

 


15 Oct 2012

 

© Maïa

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